FUNDACIÓN

ANDREU NIN

Derrière la campagne présindentielle américaine

Richard Greeman


Le monde entier suit les sondages états-uniens en retenant le souffle, tellement on craint que Bush, le ‘Vacher fou’ du Texas,  puisse rester au pouvoir pendant quatre ans encore. On oublie qu’il n’y a pas grande différence entre les deux candidats milliardaires, également belliqueux. En revanche, au mois d’août des manifestations historiques – massives, militantes, souvent très originales – se sont déroulées à New York sans que les médias accordent la place qui était due à ces mouvements populaires.

    Une Provocation

C’est dans la ville sinistrée où le Parti républicain avait voulu mettre en scène le couronnement de George W. Bush afin que le pétrolier texan, ami de Ken Lay et des ben Laden, baigne dans l’aura du 11 septembre. C’était de la provocation, et au moins une demi-million d’Américain/es y ont répondu en descendant dans la rue pour dénoncer Bush comme un taré qui avait plongé le pays dans une guerre inextricable par ses mensonges, créé une dette monstrueuse en exonérant les riches d’impôts, aggravé le chômage, et porté atteinte aux libertés constitutionnelles -- le tout pour enrichir ses amis milliardaires, les profiteurs.

Ont manifesté, derrière la coalition ‘Unis pour la Paix et la Justice,’ des groupes organisés d’anti-militaristes, d’anciens combattants anti-guerre, de gens de foi (chrétiens, musulmans et juifs), de syndicalistes, de chômeurs, de féministes, d’immigrés, d’étudiant/es, d’anti-impérialistes, d’anarchistes, de communistes, d’écologistes, de défenseurs des droits-humains, ainsi que de minorités opprimées – Noirs, Arabes, Palestiniens, émigrés, gais et lesbiennes – chacun avec ses revendications, ses mots d’ordre, ses pancartes, ses costumes, sa tactique. Etonnante variété dans l’unité et la solidarité. (C’est là le génie de l’opposition radicale aux Etats-Unis). Des pancartes faites maison proclamaient « Larguer Bush, pas des bombes ! » « Eradiquer la maladie du vacher enragé ! » « Il mentit. Eux moururent. » Très peu d’enseignes démocrates : Kerry ne provoque pas beaucoup d’enthousiasme chez ces contestataires qui revendiquent ouvertement un ‘changement de régime’ à Washington.

     N.Y fait un bras d’honneur à Bush

Je me sens particulièrement fier de ma ville natale pour avoir si unanimement rejeté Bush et ses acolytes milliardaires. Pendant toute la semaine, les 5000 délégués au Congrès ‘triomphal’ Républicain se trouvaient assiégés par des manifestations quotidiennes et exposés à  l’hostilité générale de la population. Dimanche on était au moins 500 000 manifestants  en colère à défiler devant les lieux du rassemblement républicain, et pendant toute cette semaine les délégués n’osaient pas trop sortir de leurs hôtels de luxe entourés de barricades et de haies de police, car on les interpellait dans la rue et dans les sites touristiques, parfois avec des gestes et mots obscènes pour lesquels les New-yorkais sont justement célèbres.

Chez les New-yorkais, impossible de trouver un ami de Bush. Cela s’explique. Bush a voulu capitaliser sur le 11 septembre en s’identifiant aux courageux policiers et pompiers New Yorkais, mais il n’a jamais envoyé les milliards pour la reconstruction qu’il avait promis au lendemain de la catastrophe. Résultat : chômage dans les industries qui font vivre une grande partie des travailleur/euses new-yorkais/es : aviation, tourisme, restauration, hôtellerie, cinéma, théâtre. On attend toujours ‘notre argent.’

Faute de crédits, la Mairie (républicaine modérée) a dû fermer deux casernes de pompiers alors que le Syndicat de Police travaille depuis deux ans sans convention collective. D’ailleurs, les flics ont été plutôt sympas avec les manifestants anti-Bush -- du moment que ces derniers restaient dans les limites de la civilité, sinon de la légalité. (En effet, la Police new-yorkaise a accepté de négocier sur-le-champ avec les organisateurs les trajets des manifs improvisées, et elle n’a pas arrêté les milliers qui sont entrés dans Central Park en dépit des refus de permis réitérés de la Mairie républicaine.

      Bush contre Bush-lite?

Ces manifestations ont éveillé la conscience politique de la ville. Depuis lors, tout NY parle politique et c’est inouï. Dans le métro, dans la rue, sur les chantiers, dans les bureaux, on entend des discussions véhémentes à voix haute sur les mensonges de Bush, sur les escroqueries de Cheney, sur le chômage, sur ‘notre argent’ qui manque et surtout sur la guerre en Iraq qui s’éternise avec le scandale des tortures et la perspective d’un enlisement ‘à la Vietnam.’ Frustré/es, les New-yorkais/es, normalement 80% Démocrates, se demandent pourquoi John Kerry, ‘leur’ candidat à la Présidence, paraît si neutre alors que l’haïssable Bush – dont les bévues, les mensonges, la lâcheté et la corruption sont documentés – prend l’offensive.  En effet, on s’étonne que le pétrolier texan se maintienne dans les sondages malgré l’exposé de ses mensonges et bévues, alors que son adversaire, John Kerry, manque d’initiative et passe pour un mou. Qu’est-ce qui se passe ?

Rappelons que John Kerry a réellement fait preuve de courage pendant la guerre américaine contre le Vietnam. Je ne parle pas de son héroïsme sous le feu, où ce jeune officier volontaire se couvrait de médailles alors que Bush désertait et Cheney mentaient et trichaient pour éviter le service militaire. Je parle de son courage moral au retour du Vietnam quand il a renvoya ses médailles, témoigna contre la guerre devant le Congrès à Washington, et s’engagea avec l’association radicale des ‘Anciens combattants contre la guerre.’

      Kerry déçoit sa base

Comment comprendre aujourd’hui que l’ex-héros antiguerre ne dénonce pas la guerre d’Irak dans les même termes ? Déjà la majorité des Américain/es  questionnent cette guerre depuis le scandale des tortures, la perte de Faluja, et la mort de près de 1000 boys et girls.  Plus de 500,000 américain/es viennent de  manifester à New York pour la dénoncer. Rappelons qu’il y a déjà six mois la pré-campagne du candidat anti-guerre Dean avait galvanisé le Parti démocrate, alors moribond, en mobilisant la base des jeunes, des femmes, et des syndicats progressistes. On croyait arriver. Mais voilà que la direction centriste du parti démocrate a manœuvré pour imposer comme candidats les milliardaires John Kerry et John Edwards, et cet enthousiasme est tombé.

Non seulement est-ce que Kerry continue à soutenir la politique agressive de Bush en Irak, le candidat démocrate revendique publiquement qu’il aurait maintenu son vote au Sénat en faveur de la guerre de Bush -- même s’il savait alors que les ADM de Saddam et sa liaison avec Al Queda étaient des mythes ! Pire, au moment où Bush, avec une rare candeur, a admis dans un interview qu’une « victoire » dans la Guerre contre la Terreur était effectivement ‘impossible,’ Kerry a renchéri en accusant Bush de faiblesse. Non seulement Kerry maintiendrait-il les troupes états-uniens en Iraq, il les renforcerait.

       A qui le plus macho?

Ainsi, cette élection américaine qui tient le monde entier en haleine va se décider par un concours Hollywoodien d’à qui le plus macho. Dans ce concours à la con, les méthodes médiatiques mensongères de Bush -- le déserteur du Vietnam qui joue très bien le personnage Shérif en colère -- passent mieux la rampe que le courage documenté du héros de guerre Kerry – d’ailleurs mis en question par des publicités républicaines calomnieuses très médiatisées. De plus, Bush a dans son camp Arnold Schwartznegger, Gouverneur  musclé de la Californie et admirateur d’Hitler. Ce véritable héros hollywoodien est beaucoup plus vraisemblable dans le rôle du dur que ce grand maigre de Kerry, que le Terminateur a traité de ‘girlie-man’ (homme-nanette) dans son allocution télévisée du Congrès Républicain de N.Y. Kerry a beau se faire photographier en faisant de la moto,  puis de l’alpinisme et du windsurf ; le pauvre semble ne pas comprendre que ces sports le marquent comme un aristocrate de Boston (vaguement ‘français’) et le perdent aux yeux des Beaufs.

Or, c’est les Beaufs qui vont finalement décider cette élection selon la stratégie ‘centriste’ commune aux deux partis. Alors que les Démocrates, beaucoup  plus nombreux dans le pays, pourraient en principe gagne toute élection en mobilisant leur  énorme base de syndiqués, de femmes, de jeunes, d’immigrés, de noirs, et d’Américains-d’en-bas sur un programme populiste et anti-guerre, ils préfèrent disputer aux Républicains les suffrages d’un petit nombre de mâles blancs moyens non-décidés dans les Etats qui balancent : les Beaufs. Pourquoi cette stratégie défaitiste ? Parce que la direction du Parti démocrate est contrôlée par les ‘corporations’ milliardaires  balayeurs de fonds (qui financent aussi les Républicains) et elle a peur de mobiliser cette base démocrate populaire en lui proposant une véritable alternative. En effet, ‘Les Etats-Unis n’ont qu’un seul parti politique, celui de la propriété, avec deux ailes droites’ (Gore Vidal).

De toute façon, ce n’est pas la peine de vous tenir en haleine sur les résultats de ce concours de machos. Comme nous le montrerons par la suite,  Bush s’est déjà organisé pour le voler, comme en 2000, le cas échéant. Même dans le cas improbable où le Démocrate Kerry – qui n’enthousiasme personne – emportera la majorité le 4 novembre, Bush ne s’en ira pas.

      Le Scandale de 2000

On se rappelle que George W. Bush avait emporté les Présidentielles de 2000 grâce au trucage des suffrages dans l’état de Floride, gouverné par son frère, Jeb Bush. Parmi ces trucages: élimination systématique d’électeurs noirs et hispaniques (90% démocrates) ; destruction systématique de bulletins de vote dans des districts démocrates ; harcelement policier d’électeurs noirs en route vers les urnes ; décision de la Cour Suprême réactionnaire d’interdire qu’on recompte les bulletins contestés. Or, une fois au pouvoir grâce à ce scandale, les usurpateurs républicains ont entrepris de réformer le système électoral pour « empêcher que des abus se répètent. » Comme on devait s’y attendre, ces « réformes » -- incarnée dans le Help America Vote Act (HAVA) d’octobre 2002 -- consistent à instaurer au niveau national les mêmes vices qui leur ont permis de gagner Floride en 2000 !

     «Réformes» électorales à la Bush

Commençons par la ‘réforme’ du système des bulletins de vote d’électeurs absents de leurs districts.  Selon les nouvelles réformes, ces bulletins ne seront plus gardés secrets et pourront être facilement truqués. Désormais, au lieu d’être accueillis et enregistrés exclusivement par des autorités électorales, ils pourrant être recueillis par des représentants des partis politiques. Pire encore, les bulletins de membres des Forces armées, loin de rester secrets, seront transmis ‘en clair’ par leurs officiers !  Or, on prévoit que 25% des bulletins de 2004 seront déposés par des ‘absents,’ car la loi encourage les électeurs présents à voter en ‘absents’ en les exonérant de justifier la demande du bulletin ‘absent’ par une absence (résidence à l’étranger, voyage d’affaire, maladie).

Parlons maintenant des ‘urnes.’ On se rappelle les disputes amères de 2000 sur l’interprétation des perforations des bulletins-papier par des machines compte-vote de Floride. Les autorités électorales républicaines en avaient disqualifié des milliers, malgré l’intention évidente des électeurs de voter Démocrate ; et la Cour Suprême a interdit de les recompter.  Le ‘remède’ des réformes HAVA ? Remplacer ces machines ‘obsolètes’ partout par des ordinateurs qui ne laissent pas de traces sur du papier qu’on pourrait disputer ! De plus, Bush a donné le contrat à une firme ayant contribué de grosses sommes à sa campagne. Peu importe que des informaticiens réputés aient averti les autorités que ce serait un jeu d’enfant de truquer les résultats, on refuse de garder une copie papier du vote informatisé.

      Le facteur raciste

On se rappelle les grandes batailles menées par les Noirs pendant les années 1960 contre leur exclusion du suffrage dans les anciens états de la Confédération esclavagistes. Or, en 2000 beaucoup d’associations de Noirs et de défenseurs de droits civiques de Floride -- état du Sud traditionnellement raciste -- se sont plaints d’intimidations policières. Voilà déjà qu’en 2004 la Police et le FBI pratiquent en plusieurs états des descentes et perquisitions intimidantes chez des membres d’associations civiques noirs sous prétexte ‘d’enquêtes’ sur la fraude électorale.

De même, en 2000 en Floride, Jeb Bush a procédé à une  purge massive des listes d’électeurs « mal inscrits » -- qui se trouvent par hasard très nombreux dans les districts démocrates ou dans les quartiers noirs et hispaniques. Avec les ‘réformes’ de HAVA, on purge maintenant les listes au niveau national. Ceci se fait en secret, sans que l’électeur en question puisse contester. La même société commerciale qui a privé des milliers de floridiens de leur vote en 2000 s’en charge. Enfin, dans 30 états fédéraux contrôlés par les Républicains, on a retracé les districts afin de diluer le vote démocrate.  On estime que 1,000,000 suffrages démocrates avaient été ainsi escamotés en 2002.

Suite à ces « réformes » républicaines, on ne saura jamais si, le 4 novembre 2004, Kerry (autrement dit Bush-lite) aura emporté sur Bush. Les seules questions qui restent intéressantes sont donc les suivantes : Que signifiera dans la pratique la ‘défaite’ de Kerry (dont le programme ne diffère pas de celui de Bush) ? Et comment vont reprendre les luttes sociales et antiguerres aux Etats-Unis, une fois the silly season (la saison bête) des élections passées ?

       Bush bête et méchant

En effet, Bush et ses conseilleurs sont des fanatiques dangereux – mais aussi ineptes. Idéologues néo-libéraux et unilatéralistes de la superpuissance américaine, ils ont bâclé leur guerre ‘de choix’ en Iraq. L’impérialisme U.S. ne contrôle plus les villes, subit de grosses pertes, s’enlise. La population Iraquienne et tous les peuples de la région pétrolière se retournent contre lui. L’Afghanistan sombre dans le chaos, le Taliban est de retour, et Osama ben Ladan est toujours en activité. La superpuissance états-unienne est isolée diplomatiquement.

En revanche le Démocrate Kerry est intelligent et a vu le combat. Non seulement il comprend que pour garder l’Irak il va falloir renforcer massivement les forces d’occupation, il a compris que les Etats-Unis ne peuvent pas mépriser ses Alliés. Internationaliste, il promet à l’électorat américain d’entraîner L’ONU, la France, l’Allemagne, la Russie et les autres dans le désastre iraquien -- au lieu de les repousser avec arrogance comme Bush. Toute sa campagne électorale repose sur ce point. De plus, avec les économies militaires qu’il ferait au dépens des Alliés, Kerry réduirait la dette et l’économie rebondirait !

      Quel beau choix!

Inévitablement, Kerry sera obligé de rétablir le service militaire obligatoire, car ce n’est pas la France de Chirac qui va venir le dépanner en Iraq. On comprend que Bush n’oserait pas ainsi enflammer toute la jeunesse,  alors qu’un démocrate ‘libéral’ en est capable. Historiquement,  ce sont les Présidents démocrates (Wilson, Roosevelt, Truman, Kennedy, Johnson) qui ont lancé toutes les guerres américaines du siècle dernier, alors que ce sont les Républicains Eisenhower et Nixon qui ont gagné la Présidence en promettant de terminer, respectivement, les guerres de Corée et de Vietnam. D’ailleurs, c’est le démocrate Clinton qui avait lancé, avant Bush, la doctrine de la guerre préventive en bombardant l’Afghanistan, l’Iraq, et le Soudan (où justement Clinton a fait sauter une usine de produits pharmaceutiques en cherchant – oui ! – des ADM inexistantes).
 

 De plus, Kerry n’a rien à proposer aux travailleurs. Face aux crises nationales de la santé, du chômage, de l’économie, des écoles, des villes, Kerry maintiendrait les grosses réductions d’impôts que Bush a offertes aux riches et poursuivra la mondialisation libérale à la FMI. Voilà donc le beau choix que posent les présidentielles de novembre 2004 aux électeurs américains et aux citoyens du globe qui attendent les résultats le souffle retenu.  Préfère-t-on un impérialiste arrogant, unilatéraliste, inculte, inexpérimenté, cupide, corrompu et aveuglé par le fanatisme idéologique qui rate son affaire ? Ou un impérialiste cosmopolite, réaliste, et habile qui poursuivra la même politique avec plus d’intelligence ? Face à ce dilemme moral, la plupart de mes amis aux EU vont opter pour le ‘moindre mal’ et voter Kerry en se tenant le nez -- quitte à le contester après les élections.

La bonne nouvelle, c’est que ces belles âmes n’auront pas à se faire de scrupule en votant Kerry. La mauvaise, c’est que même si les anti-Bush sont majoritaires en novembre, le Texan mal-élu de 2000 ne s’en irait pas pour autant. Tout comme Poutine, son ‘ami d’âme’ de Moscou, Bush a depuis longtemps préparé son coup d’état ‘démocratique’.

Nous avons déjà documenté le trucage massif des suffrages qu’il manigance. Reste la crise dramatique qu’il prépare pour la veille des élections – crise destinée à paniquer un électorat déjà médusé par une atmosphère factice de terreur et à qui on n’offre pas de véritable alternative. Attendez-vous donc autour du 1er novembre à une attaque terroriste, une prise massive d’otages américains, un avion américain abattu, un affrontement nucléaire avec l’Iran ou avec la Corée du Nord et ne faites pas de projets de vol international.

      Après les urnes, la rue

En revanche, il est peu probable que Bush annule les élections, quoi qu’il ait médité de le faire. (La Maison Blanche avait bel et bien demandé un avis officiel au Ministère de la Justice pour justifier une telle éventualité – quitte à désavouer quand le scandale a éclaté.) Ce serait superflu. Plus que jamais, ces élections sont des ‘pièges à cons.’ La majorité des Américain/es comprennent cette vérité fondamentale et s’y abstiendront. Ainsi, les ‘majorités présidentielles’ dépassent rarement les 24% de l’électorat réel. D’ailleurs, aux EU on vote le lundi pendant les heures de travail – ce qui exclue beaucoup d’ouvriers et employés. De plus, sans suffrage direct, les grands électeurs peuvent consacrer un candidat minoritaire, comme Bush en 2000.

Alors, ne venez pas me dire après le désastre prévisible du 4 novembre 2004 que les Américain/es sont ‘derrière Bush.’  Laissez ces imbécillités aux médias conservateurs, qui sont payés pour. Souvenez-vous plutôt des manifestations massives de la fin d’août à New York et attendez-vous à en voir d’autres. La lutte reprendra en janvier après the silly season (la saison bête) électorale. Souvenez-vous surtout que ce n’est pas par les urnes mais dans la rue que le peuple américain mit fin à la Guerre du Vietnam, renversa deux siècles d’apartheid légal, et libéra l’avortement pendant les années 1960. Nos manifestations massives, nos sit-ins, nos occupations, et nos émeutes ont rendu le pays ingouvernable et chassé du pouvoir le Démocrate L.B. Johnson, alors lui élu en 1964 par une majorité historique. Ce n’était qu’un début.

15-9-2004

Edición digital de la Fundación Andreu Nin,  octubre 2004


 
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